Aux États-Unis, Rosengren remet en question l'objectif d'inflation de la Fed

Aux États-Unis, Rosengren remet en question l'objectif d'inflation de la Fed

La récente baisse du chômage aux Etats-Unis pourrait déclencher une montée de l'inflation qui, vu le cadre dans lequel s'inscrit la politique de la Réserve fédérale, pourrait provoquer des hausses de taux susceptibles d'entraîner une récession, a averti vendredi le président de la Fed de Boston, Eric Rosengren. "Je ne suis pas d'accord avec ce cadre", a-t-il dit à San Diego en Californie, en référence à l'approche "équilibrée" de la Fed visant à atteindre l'objectif de 2% d'inflation et le plein emploi. La Fed a adopté ce cadre il y a six ans et l'a réaffirmé chaque année depuis. Aujourd'hui, alors que Jerome Powell s'apprête à remplacer Janet Yellen à la tête de la Fed, un nombre croissant de responsables de la banque centrale veulent repenser ce cadre. Les commentaires d'Eric Rosengren précisent le débat, suggérant que l'objectif de 2% pourrait forcer la Fed à freiner la croissance via des hausses drastiques de taux d'intérêt si le taux de chômage, actuellement à 4,1%, continue à baisser. Ce taux est déjà inférieur à ce que beaucoup d'économistes jugent viable sans que cela ne crée des pressions inflationnistes. L'inflation, en restant obstinément en-dessous de 2% jusqu'à présent, a permis à la Fed de relever ses taux progressivement, mais cela pourrait changer, a-t-il mis en garde. "Ma crainte est que si nous nous éloignons trop de ce que nous considérons comme étant un taux de chômage viable à terme, et que nous gardons le cadre actuel, alors nous arriverons à une situation dans laquelle nous serons amenés à relever les taux suffisamment rapidement pour que cela devienne ensuite très difficile de revenir au plein emploi sans causer de récession." Eric Rosengren suggère de remplacer l'objectif d'inflation de 2% par une fourchette située entre 1,5% et 3%.